Culture au quai
Culture au quai

On A Vu : Fantin Latour

Du 14 septembre 2016 au 12 février 2017 - Musée du Luxembourg //

 

Le musée du Luxembourg propose une grande – et très belle - rétrospective sur l’artiste Henri Fatin Latour, artiste grenoblois du XIXème siècle.

Mais qui est Fantin-Latour ? Malheureusement encore très peu connue, son œuvre, pourtant immense, vaut vraiment le détour. Né en 1836 à Grenoble, il reçoit une formation classique puisqu’il étudiera aux Beaux-Arts. Il fréquentera brièvement l’atelier de Gustave Courbet, avant de rejoindre le cénacle des Batignolles, groupe de jeunes peintres très modernes dont la figure centrale était Edouard Manet.

Et pourtant, contrairement à ses petits camarades, Fantin-latour ne s’intéresse pas spécialement à l’impressionnisme. Son truc à lui, c’est plutôt les fleurs, les natures mortes et les portraits. En ce sens, il est un peu tout seul, ne s’intègre pas vraiment dans ce XIXème siècle marqué en art par les aventures collectives.

fantin-latour-expo-1

Quand on arrive dans l’exposition, ce qui frappe tout d’abord, c’est l’atmosphère envoutante. Les murs sont tous peints de couleurs très chaudes et la lumière tamisée contribue à cette ambiance feutrée. Le choix scénographique est plutôt bon, car le caractère intime des portraits est bien mis en valeur. Seul petit bémol, on a parfois trop de reflets sur les vitres des tableaux, ce qui gâche un peu la lecture des œuvres.fantin-latour-expo-11

On avance dans l’exposition qui opte pour un parcours chronologique. On voit bien l’évolution du peintre, d’abord marqué par le réalisme de Courbet. S’il ne s’intéresse pas à l’impressionnisme qui commence gentiment à poindre dans les années 1870, Fantin-Latour opte pour une voie originale : celle du portrait de groupe. Il devient assez célèbre, et reconnu pour ses œuvres. On est plutôt frappé par les formats assez importants des tableaux et surtout leur qualité exceptionnelle. Les regards sont toujours intenses, les visages expressifs, on est vite happé par ces portraits fascinants. Celui du Coin de table est resté célèbre pour la présence de Rimbaud et Verlaine.

fantin-latour-expo-8

fantin-latour-expo-7

Deuxième aspect de son œuvre : ses natures mortes. La nature morte, c’est toujours un peu pareil, des fleurs et des fruits, des fruits et des fleurs. Et pourtant là, on reste sans voix. Les couleurs sont vraiment très fraîches, les reflets illusionnistes sont délicats, les détails sont incroyables. On a particulièrement apprécié l’histoire du tableau « Nature morte dite de fiançailles ». Fantin-Latour rencontre Victoria Dubourg au musée du Louvre alors qu’ils copient le même tableau du Corrège. Ils se fiancent deux ans plus tard et ce tableau est le symbole de leur engagement (vraiment romantique Henri).

fantin-latour-expo-6

fantin-latour-expo-5

Surprise, Fantin-Latour est aussi amateur de photographie. On ne s’y attendait pas, mais il se décrit lui-même comme un « fanatique » de cet art. Et on n’est pas déçu, les photos de nus féminins appartenant à sa collection personnelle sont plutôt très réussies !

fantin-latour-expo-10

fantin-latour-expo-12

La dernière partie de l’exposition est consacrée à la fin de sa carrière. Il abandonne les fleurs et les natures mortes, et se consacre à un nouveau genre de peinture. Là, clairement ses œuvres font penser à Puvis de Chavanne ou encore Gustave Moreau. Il s’éloigne de la mouvance réaliste de ses débuts et s’essaye au symbolisme. On trouve ça moins réussi que ses premières productions, même s’il faut avouer que certaines toiles ont beaucoup de charme.

henri-symbolisme

Une très belle exposition, donc, qui a le mérite de mettre en lumière un artiste qui gagne à être connu !

Best known for his still lifes and group portraits, Henri Fantin-Latour is a somewhat more complex artist than he appears to be. The exhibition will focus on the artist from a new perspective by shedding light on his creative process and unveiling, in particular, a corpus of unpublished photographs, a true repertoire of forms for the painter.

Musée du Luxembourg
Du 14 septembre 2016 au 12 février 2017
19 rue Vaugirard, 75006 - M° Saint Sulpice (4)
Tous les jours de 10h30 à 19h
Nocturne le vendredi jusqu’à 22h00
Tarif : 12€ - Tarif réduit 8,50€ - Gratuit - de 16 ans

>>plus de visites d'expositions

  • Partagez sur facebook
  • Partagez sur twitter
  • Partagez sur google-plus