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On A Vu : L’œil de Baudelaire

Jusqu'au 29 janvier 2017 - Musée de la vie romantique //

Le mot qui vient à l’esprit lorsque l’on franchit la grille du musée est « charmant ». C’est vrai, cet endroit l’est vraiment, et on pourrait y flâner des heures. Mais cette fois-ci, c’est pour voir la nouvelle exposition du musée : L’œil de Baudelaire. Pas évident de faire une exposition sur un écrivain. Et pourtant le résultat est plutôt réussi.

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Baudelaire est connu pour ses activités de poète, moins pour son métier de critique d’art. Baudelaire a pourtant beaucoup commenté les Salons, expositions de peintures et de sculptures des artistes du moment, comme l’avait fait Diderot avant lui.

Quand on rentre dans l’exposition on est subaudelaire-2rpris par l’atmosphère de la salle. On a bel et bien l’impression d’être revenu au XIXème siècle et on s’attend à voir débarquer l’auteur des Fleurs du Mal à tout moment. Il y a vraiment beaucoup d’œuvres : peintures gravures, sculptures un peu partout, ce qui est plutôt en adéquation avec la tendance muséographique du XIXème siècle. Une belle mise en scène de l’exposition, donc, qui compense notre déroutement en arrivant : « mais de quoi parle l’expo ?! ». Car effectivement en entrant, on est un peu décontenancé. On ne comprend pas forcément tout de suite de quoi il s’agit.

En réalité, il faut comprendre une chose : tout ce qui est exposé a été vu, commenté, apprécié ou détesté par Baudelaire. On voit les œuvres confrontées aux textes originaux du poète. D’où le titre de l’exposition l’Oeil de Baudelaire. Une fois qu’on a mieux compris le parti pris de l’exposition, on se plait à s’imaginer à la place de Charles et d’observer tout ce qu’il se faisait à l’époque. Et on se dit que, comme lui, on peut aimer ou détester ce que l’on voit.

Plusieurs salles et plusieurs thèmes sont abordés. La première, Les phares, renvoie au poème éponyme de l’artiste dans lequel il exhorte les artistes à se trouver des sources d’inspiration dignes des plus grands romantiques. Car Baudelaire aime le romantisme. Il aime Victor Hugo et Delacroix, déteste l’art académique et ne veut surtout pas d’un retour du classicisme. Dans cette salle, vous verrez du Delacroix, qu’il adore littéralement, ou du Chassériau, et plus largement les élèves d'Ingres, qui malheureusement ne trouvent pas grâce à ses yeux…

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La deuxième salle, plus intimiste, parle de l’amour.

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Baudelaire est incontestablement l’un des poètes les plus doués pour parler d’amour. La femme est pour lui belle, désirable et aimante mais c’est aussi une « sorcière » une « Circé tyrannique aux dangereux parfums ». On sent l’ambivalence dans cette salle. la nymphe de Tassaert, plus qu’érotique,
semble avoir beaucoup plu à Baudelaire :

baudelaire-5 « M.  Tassaert,  dont  j’ai  eu  le  tort  grave  de  ne  pas  assez parler  l’an  passé,  est  un  peintre  du  plus  grand  mérite,  et dont le talent s’appliquerait le plus heureusement aux sujets amoureux. On dirait que M. Tassaert s’est préoccupé de la manière de Delacroix ; néanmoins il a su garder une couleur originale. C’est un artiste éminent que les flâneurs seuls apprécient, et que le public ne connaît pas assez ; son talent a toujours été grandissant, et quand on songe d’où il est parti et où il est arrivé, il y a lieu d’attendre de lui de ravissantes compositions. »

Le troisième espace parle de l’héroïsme de la vie moderne. Baudelaire a en effet cherché, tout au long de sa vie, à trouver l’essence de la modernité. Il aime la modernité en peinture, la définit, la glorifie. Donc il aime la vie moderne. Cependant, il n’aime pas la photographie qui empiète « sur le domaine de l’impalpable et de l’imaginaire ». Pourtant, ami du célèbre photographe Nadar, il pose à plusieurs reprises pour lui. On se rend compte de la complexité du personnage et de ses propres contradictions.

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La dernière salle s’intitule Le spleen de Paris. Baudelaire déteste la vie moderne de la ville (oui n’est plus à une contradiction près) et pourtant a écrit de magnifiques poèmes sur la ville dans les Petits poèmes en prose. On aperçoit mieux la personnalité ambivalente de cet homme, toujours tiraillé entre l’attraction et la répulsion. Dernier exemple dans cet espace, son amitié avec Gustave Courbet. Ils sont amis, pose pour lui, mais considère le réalisme, mouvement dont Courbet est le chef de file, comme une  « blague ». Ils finiront par s’éloigner. Et on comprend pourquoi.

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En bref, une belle exposition qui vous plonge dans une atmosphère très XIXème. Une occasion de voir des chefs-d’oeuvre d’Ingres, Delacroix, ou encore Courbet, mais aussi des manuscrits et lettres de la main de Baudelaire. A ne pas manquer !

Musée de la vie romantique
Jusqu'au 29 janvier 2017
16 rue Chaptal, 75009 – Pigalle (2/12)
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Fermé le lundi
Tarif : 8€ – Tarif réduit : 6€ – Gratuit – de 18 ans

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