MAM
MAM

On A Vu : Magritte

  • 2016-magritte-109-30
  • magritte-12
  • magritte-114
  • magritte-112
  • magritte-110
  • magritte-17
  • magritte-15
  • magritte-14
  • magritte-12

 

Jusqu'au 23 janvier 2017 - Centre Georges Pompidou //

magritte-110Ça fait 50 ans que l’artiste nous a quitté et pourtant, son œuvre reste extrêmement actuelle. Une pipe qui n’en est pas une, une locomotive qui sort d’une cheminée, une colombe qui s’envole d’un visage au chapeau melon.

Toute l’œuvre de Magritte est traversée par des symboles récurrents : le chapeau melon, la pipe, le costume cravate ou le parapluie… Des attributs de tous les jours qui dessinent la personnalité d’un artiste pas comme les autres, sans doute le seul de l’histoire dont le portrait se devine avec ces seuls 4 indices.

 

 

 

Derrière les apparences.

magritte-19Derrière une image apparemment simple se cache une réalité plus complexe. Derrière une pomme, se cache peut-être un visage ou juste une toile blanche… Magritte, qui a commencé à travailler dans la publicité connaît l’efficacité, souvent trompeuse, des images. Maîtrisant la technique académique autant que celle de l’image et du message, l’artiste nous emmène bien où il veut. « Quand je pense à l'invisible, je ne pense à rien qui soit imaginaire » nous dit-il. Un arbre peut cacher une montagne, qui cachera à son tour un morceau du ciel. Rien n’est imaginaire. Mais le ciel reste pourtant invisible. Quand on admire ses vues de paysages peintes sur des chassis en trompe l’œil, on est bien tenté de se demander ce qui se cache derrière… « Rien », nous répond l’artiste, « juste une toile blanche, puis un mur ». Autant d’œuvres, autant d’énigmes..

 

 

magritte-17Ceci n’est pas un rêve.

Magritte est belge et son approche du surréalisme n’a rien à voir avec celle d’un Dali par exemple. Magritte ne part dans des divagations, dans un romantisme délirant, il n’a pas d’hallucinations, il ne peint pas les rêves et l’inconscient. Bien au contraire. Il peint la pensée, philosophique ou poétique, dans des œuvres qui ne peuvent s’expliquer avec des mots.  « La forme ne m’intéresse pas, je peins des idées »

 

Philosophe peintre ou peintre philosophe ?

Ses œuvres sont des ouvrages philosophiques à elles toutes seules. Elles pourraient chacune être un sujet de dissertation à part entière. Magritte ne peint pas des sujets. Il ne peint pas la réalité. Il peint des « problèmes » comme il aimait à les appeler. Des problèmes, ou des œuvres, qui peuvent sembler indéchiffrables mais qui ne refusent aucune tentative de résolution.

Dans cette exposition d’envergure, très attendue puisque ça faisait plus de 40 ans que le Centre Pompidou n’avait pas accueilli le maître Belge, on découvrira donc une centaine de « problèmes »…

Des œuvres allégoriques en références claires aux maîtres de la pensée, de Platon à Hegel.

 

chirico-love-song-le-chant-d-amour-1914-oil-on-canvas-73-x-59-1-cm-museum-of-modern-art-new-york-nyQuand tout a commencé

En 1924, Magritte tombe face à face avec le Chant d'amour (1914) de Giorgio De Chirico. Un buste antique, une boule verte, un train et un gant. Pour lui, le spectateur se retrouve face au silence du monde. Il doit réfléchir, comprendre, résoudre une énigme.

 

 

 

 

 

 

Décodages

2016-magritte-109-30La Trahison des images

Le titre de l’expo est une allusion directe à son œuvre phare « Ceci n’est pas une pipe », dont « la trahison des images » est le vrai nom.

Non, Magritte n’est pas en plein délire. Même si sa pipe est remarquablement bien réalisée (techniquement), elle n’en reste pas moins une peinture, rien qu’une peinture, sur une toile. Une démonstration imparable qu'une pipe peinte n'est pas une pipe réelle. On verra dans l'exposition deux versions de sa célèbre pipe, aux côtés de portraits des plus perturbants...

 

magritte-15

 

 

 

 

 

Les Souliers

magritte-14Quelle œuvre ! Une réalisation spectaculaire, digne des plus grands virtuoses de la peinture. Approchez-vous et vous verrez la précision avec laquelle chaque détail est peint. Approchez-vous encore et vous pourriez bien avoir un geste de répulsion. Oui, vous avez bien vu, les souliers sont aussi des pieds. Des chaussures-pieds qui nous choquent évidemment. Mais pour l’artiste, ça n’est qu’une illustration d’une terrible réalité, celle de porter des chaussures en cuir, en peau d’animaux… « un pied humain et un soulier en cuir relèvent d’une coutume monstrueuse ». En humanisant son image, Magritte nous fait prendre conscience d’une réalité bien dérangeante.

 

 

 

Mises en scène
magritte-17magritte-110
Si vous pensez une seule seconde que Magritte peint la réalité, vous pouvez compter sur l’artiste pour ne pas vous laisser longtemps sur une mauvaise voie. Afin de clarifier les choses, l’artiste a souvent recours à des rideaux de théâtre, qui encadrent ses compositions, comme ceux peints dans l’Antiquité. Histoire de nous rappeler, si c’était nécessaire, que nous ne sommes QUE dans une mise en scène. La réalité est ailleurs. Quant à la présence de rideaux encadrant certaines de ses compositions et renforçant leur dimension illusionniste, Magritte les doit à un autre récit de Pline mettant en scène les deux plus célèbres peintres de l'Antiquité.

Magritte, un plaisantin? Plutôt le peintre figuratif de la pensée abstraite, le père spirituel de l'art conceptuel.

 

 

L’œuf et la poule

magritte-12Une poule regardant un œuf. Quelle manière plus humoristique de traiter de la question des origines et de la mort ? De la cause et de la conséquence ?

 

 

 

 

Drôles de titres

magritte-1Magritte nous le redit : les titres ne sont en rien une explication des tableaux. Quand vous admirez la rencontre facétieuse d’un verre d’eau et d’un parapluie, et que vous découvrez le titre : Les Vacances de Hegel (1959). Vous n’êtes pas vraiment plus avancés… Un clin d’œil à la dialectique du philosophe peut-être ? Le parapluie repousse l’eau tandis que le verre qu’il supporte la contient. Un paradoxe visuel. Une question de philosophie. Mais sachez que Magritte ne choisissait pas ses titres tout seul. Il le faisait de concert avec ses acolytes, lors de séances d’intitulations collectives, pour donner, a posteriori, des titres à ses tableaux.  N’y cherchez donc pas une réponse, un sous-titre, mais peut-être juste un indice supplémentaire pour résoudre le « problème ».

Ne vous étonnez donc pas de tomber sur une peinture montrant une valise posée sur un miroir à main et son titre, «Une simple histoire d'amour» (1958), un chevalier galopant sur le toit d’une voiture, intitulé « La colère des dieux» (1960) ou une locomotive sortant d’une cheminée portant le nom de « Durée poignardée ».

 

magritte-114

magritte-113

>>plus de visites d'expositions 

  • Partagez sur facebook
  • Partagez sur twitter
  • Partagez sur google-plus