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On A Vu : "The power of the Avant-Garde"

Jusqu'au 22 janvier 2017 - Bozar //
A voir absolument

A la veille de la Première Guerre Mondiale, émergent en Europe de nouveaux courants : cubisme, futurisme, suprématisme ou encore expressionnisme. C’est une véritable révolution qui s’opère dans le monde de l’art : ainsi sont nées les Avant-Gardes historiques. Cette exposition retrace leur histoire en présentant des artistes incontournables tels que Paul Klee, Marcel Duchamp, Munch…au total plus de 120 oeuvres de maîtres du XXème siècle mises en lumière dans l'un des plus hauts lieux de la culture de Bruxelles.

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Et l'exposition commence fort avec une oeuvre d'Olafur Eliasson (voir notre article sur son exposition au Château de Versailles) qui vole au-dessus de vos tête. Le ton est donné, pénétrez dans la première salle pour comprendre l'origine de cette exposition. "Avant-Garde" est un terme militaire qui désignait les soldats destinés à être sacrifiés, tout comme les avant-gardistes qui prenaient des risques pour créer une rupture avec les conventions. Avec la Première Guerre Mondiale, c'est l'invention de la grenade qui vient bouleverser la société : la vie humaine ne dépend plus que d'une seconde, le temps devient primordial, d'où l'apparition de la montre au poignet. L'espace-temps devient minuscule et la valeur donnée à la vie humaine est littéralement réduite en miette à l'image de l'oeuvre de Luc Tuymans en fragments de grenade. En parallèle, ne passez pas à côté des portraits en noir et blanc exposés tout le long de cette salle, il s'agit d'une oeuvre de Richter. Après la guerre, l'artiste comprend que les jeunes allemands ont trois sortes de père possible : blessé, mort ou coupable et aucune de ces configurations n'est acceptable. Pour la Biennale de Venise de 1972, il décide alors, à l'aide d'une encyclopédie, de représenter les 48 pères qu'il aurait aimé avoir ; pas de politiciens mais vous y découvrirez Kafka, Einstein, Wilde ou encore Tchaikovsky. En passant à la suite vous tomberez nez-à-nez avec un de nos compatriotes : Rodin. Ce sculpteur de renom a très vite compris qu'il n'était pas nécessaire de représenter un corps ou un visage en entier pour transmettre une émotion. Parmi tous les fragments de corps qu'il a pu travailler, on nous propose ici un avant-bras extrêmement tendu, très expressif, montrant clairement que l'artiste était un avant-gardiste de l'expressionnisme.
La critique de la société est probablement l'un des thèmes les plus récurrents de l'exposition. Chez Ensor elle se manifeste par exemple dans la représentation d'un salon bourgeois aux rideaux presque fermés qui ne laissent pas rentrer le bruit du monde et l'horloge posée sur la cheminée qui montre bien le poids du temps, un véritable précurseur du mouvement Dada. Odenbach est plus direct dans ses attaques avec un magnifique collage qui nous invite dans le vestiaire de la Cour Fédérale de Justice. De loin vous observez 4 tenues officielles représentant le pouvoir, mais en vous approchant vous noterez les détails des photos utilisées pour ce collage. On y retrouve Staline, Jim Morrison ou encore Churchill, représentant chacun une différente forme de pouvoir, ainsi que plusieurs photos de procès de Nuremberg habilement disposées entre les cintres.

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On arrive enfin sur l'une des plus belles surprises de l'exposition : la revisite de la Génèse par Munch. Une série de dessins nous raconte l'histoire terrible d'Alpha et Omega (représentant respectivement Adam et Eve), dans ce drame la femme est l'enfer de l'homme. C'est bien sûr Oméga qui séduit Alpha, ils vivent dans la plénitude et le romantisme le plus complet jusqu'à ce qu'Oméga soit victime du serpent. Convaincue grâce à lui qu'elle est la plus belle des femmes, elle se met à louer des relations amoureuses avec les animaux comme un ours ou un tigre. On voit bien dans la façon qu'a Munch de creuser ses orbites qu'Oméga sombre dans la folie et la déchéance, jusqu'à avoir des enfants avec les animaux. Cette situation plonge Alpha dans une angoisse telle qu'il tuera Oméga avant d'être assassiné par les enfants de son ancienne dulcinée. Vous reconnaîtrez évidemment Le Cri dans le croquis représentant l'angoisse de notre amoureux éconduit, l'une des œuvres les plus célèbres de Munch.

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Les salles se suivent et ne se ressemblent pas, vous découvrez les écoles Die Brücke et Der Blaue Reiter. Inspirés du fauvisme, on observe chez Macke ou Delaunay une spontanéité et un contraste des couleurs qui font ressortir l'intensité de celles-ci. La révolution n'est pas exclusivement allemande, chez les italiens ce sont les industriels qui la provoquent. On retrouve d'ailleurs cette idée dans les œuvres représentant tantôt des troncs coupés très futuristes pour Balla, tantôt un peuple en marche frénétique chez Russolo. La révolution russe passe davantage par les intellectuels qui créent un néo-primitivisme. Goncharova transmet des émotions liées à la vie en campagne tandis que Malevitch crée un néo-réalisme cubiste dont les couleurs incroyables ne laissent pas deviner qu'il peindra le fameux Carré noir sur fond blanc.
Après une critique sociale et politique de la société, c'est le marché de l'art qui est attaqué dans l'exposition. Lower a choisi de dupliquer une photo prise lors d'une vente aux enchères, celle d'une femme tenant la Guitare en carton de Picasso, pour questionner la valeur des œuvres d'art. Elle est mise en perspective grâce à deux peintures de Gris et Ernst, deux cubistes qui n'ont jamais atteint la cote de Picasso. Pourquoi ? C'est la question que semblent nous poser aussi bien Lower que le commissaire de l'exposition. Van Warmerdam quant à elle questionne le hasard dans la création. Très inspirée par le documentaire sur Nanook, un inuit que l'on voit sortir de son canoë son enfant, sa femme, la grand-mère et le chien, tel un clown magicien, elle réalise une magnifique vidéo qui suit la trace d'une valise dévalant les pistes de neige. Qu'y a-t-il dans cette valise ? On vous laisse le découvrir !

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Enfin, dans l'une des dernières salles, vous découvrirez de lourdes chaînes au sol. Alors que Duchamp crée une forme à partir d'un mouvement, Forsythe, un célèbre chorégraphe, vous invite à créer un mouvement à partir d'une forme donnée. Allez-y, faites glisser cette chaîne selon vos envies, créez, vous êtes filmé ! L'artiste a annoncé qu'il utiliserait la vidéo pour inspirer l'une de ses prochaines chorégraphies, mais attention, vous ne devez utiliser que vos pieds...
Après cette longue visite pleine de découvertes, vous serez incollable sur les avant-gardistes. Une sélection de grands maîtres incontestables qui nous a laissé sans voix.

5 bonnes raisons d'aller voir cette exposition ? Facile :
-l'incroyable série Alpha et Omega de Munch qui vaut le détour à elle seule
-la flopée de grands noms présents, d'Eliasson à Delaunay en passant par Richter, Rodin ou Picasso...
-une scénographie parfaitement claire qui met les artistes en parallèle pour nous raconter une histoire
-la variété des oeuvres proposées, peinture, sculpture, vidéo, installation interactive, tous les arts sont représentés
-l'occasion de visiter la magnifique ville de Bruxelles et les autres expositions de Bozar comme Picasso-Sculptures

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BOZAR – BELGIQUE
Palais des Beaux-Arts de Bruxelles
Jusqu'au 22 janvier 2017

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