Culture au quai
Culture au quai

On a vu : Speedy Graphito

Jusqu'au 21 mai 2017 - Musée du Touquet //

On adore, Foncez !

Le Touquet-Paris-Plage organise la toute première rétrospective dans un musée de l’artiste Speedy Graphito, pionnier du Street art en France. Un artiste engagé qui remet en question le regard que nous portons sur le monde et notre rapport à l'image en nous confrontant aux logos et icônes de notre enfance. 70 pièces sont exposées dans le cadre chaleureux de la villa Way Side qui habrite le musée, une demeure qui bénéficie du cadre idyllique de cette ville-resort. Un pari risqué pour le Touquet mais qui s'avère très réussi ! 

  • speedy graphito touquet
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Si vous ne connaissez pas encore cet artiste, ne vous faites aucun soucis puisqu'il se présente dès l'entrée du musée avec une oeuvre étonnante sur laquelle vous pouvez lire "Bonjour je m'appelle Speedy Graphito et je fais ce qui me plait". Le ton est donné, ce street-artiste ne compte pas se plier aux conventions et promet de nous étonner. Le déroulé relativement chronologique de l'exposition nous permet de (re)découvrir l'univers de cet artiste et son évolution allant de paire avec celle de la société. La naissance de l'artiste est clairement représentée par son affiche "La ruée vers l'art", gagnant du concours organisé par le Ministère de la Culture, il fait une entrée remarquée dans le cercle très fermé des artistes contemporains reconnus. On retrouve d'ailleurs ce petit personnage dans la plupart de ses œuvres des années 80 et notamment dans la toile très amusante de la "Malédiction de Malala", faisant allusion aux personnes ayant toujours mal à la main, mal à la tête, etc... Lorsque ce petit personnage à tête de trident devient célèbre et populaire, au lieu d'en jouer et de capitaliser dessus, Speedy Graphito décide d'assassiner ce personnage dans l'une de ses toiles pour passer à autre chose.
Il crée alors son double en peinture : lapinture, un étrange lapin auquel il s'identifie, à tel point qu'il cessera pendant un temps de signer ses toiles, estimant que lapinture le faisait pour lui. Toujours ouvert sur le monde qui l'entoure, Speedy Graphito représente les dates clés de l'histoire à sa façon avec par exemple les émeutes de Paris en 2005 ou  le tsumani de 2004. Un artiste/historien qui refuse d'être neutre en nous contant sa vision de notre société mais dont les toiles sont étonnamment d'actualité plus de 25 ans après. L'autopsie d'un Président par exemple avec des termes comme "Gaulois", "Curé sur les bords", "Crâneur", "Gros bagage" ou encore "Menteur" peuvent s'appliquer à différents hommes politiques actuels.

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Changement d'ambiance très marqué avec ce que l'artiste appelle "le couloir temporel". Non vous n'êtes pas dans une boîte de nuit, Speedy Graphito vous invite simplement à sauter les années 90 (années pendant lesquelles de nombreux street-artistes ont peu travaillé), pour passer directement à l'an 2000 et tous ses débordements. Accueilli par le "Félin pour l'autre", exposé pour la première fois, vous débarquez dans un univers probablement plus familier : une suite d’œuvres saturées d'images de publicités, de marques, de personnages devenus icônes, se succédant jusqu'en haut des escaliers.
L'artiste se joue ensuite des pixels pour tester notre connaissance des icônes du monde moderne. Quelle est cette femme mystérieuse dont la pose vous semble familière ? La Joconde ? Et bien non, cette oeuvre intitulée "big buzz" représente en réalité Nabilla et sa réplique mythique "Non mais allo, quoi". Bambi ou Spoke en prennent également pour leur grade avec des pixels faits de pilules pour dormir, représentant l'abrutissement de la télévision. L'interro continue avec une fragmentation de l'image de plus en plus forte, mettant au défi votre œil d'expert face à des personnages de dessins-animés très célèbres.
Speedy Graphito questionne enfin notre rapport à notre propre image. Qui ne s'est jamais pris en photo en selfie ? Qui n'a jamais pris une photo de monument ratée tellement il y avait de touristes devant ? L'artiste propose une série de photos de ce type, sans aucun intérêt, et nous laisse la question ouverte : "Voulez-vous vraiment prendre cette photo ?". A vous de choisir...

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On pourrait croire que l'exposition est terminée, mais loin de là puisqu'il reste à visiter l'annexe, probablement les deux salles les plus riches du parcours. Une fois de plus l'humour de Speedy Graphito est mis en évidence ; l'artiste nous enseigne l'histoire de l'art en intégrant son style dans les toiles des grands maîtres. Du Mickey version Picasso à Pifou se baladant dans "Van Goguette", en passant par Wonder Woman à la mode de Dali, amusez-vous à décrypter ces œuvres et trouver chaque détail caché par l'artiste.
Pour terminer, Speedy Graphito a mis en place une salle consacrée à l'urban art où il confronte les héros d'hier et d'aujourd'hui. Grâce à sa touche unique, Mandrake le magicien (1934) ne détonne pas aux côtés d'Angry Birds (2009) et le Donald de 1944 n'a rien à envier à Bob L'éponge. Une salle qui ne nous rajeunit pas mais qui ouvre le dialogue entre les générations.

3 bonnes raisons d'aller voir cette expo :
-Pour découvrir tous les aspects d'un artiste très complet et encore trop méconnu
-Pour rire ou tout de moins sourire devant toutes les touches d'humour amenées par Speedy Graphito
-Pour voir vos personnages préférés comme vous ne les avez jamais vus !

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Musée du Touquet-Paris-Plage
Angle av. du Golf et du Château, 62520 Le Touquet-Paris-Plage

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