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On a vu Pissarro au Musée du Luxembourg

Jusqu'au 9 juillet 2017 - Musée du Luxembourg //

Étonnamment, Pissarro, celui que Cézanne surnommait le « premier des impressionnistes », n’a pas été exposé à Paris depuis plus de 35 ans, alors même qu’on l’a mis en vedette au Japon, en Allemagne, en Grande Bretagne et aux États-Unis. Cette année est l’occasion de rattraper le temps perdu avec deux expositions dédiées au doyen des impressionnistes.

Le musée du Luxembourg a opté pour une période méconnue de l’artiste, se concentrant sur les deux dernières décennies de la carrière du peintre, installé à Eragny. C’est là qu’il développera une peinture presque utopique, idéalisant la douce vie champêtre, en opposition presque violente avec le malaise d’une vie à la ville qu’il rejette violemment. C’est à Eragny que Pissarro finira ses jours, dans sa belle maison de campagne achetée grâce à un prêt de son ami Claude Monet, son voisin de Giverny.

Et justement, ce qui nous frappe ici c’est que contrairement aux nymphéas de Monet, ce qui prime pour Camille Pissarro, au-delà de la beauté de la nature, c’est la vie, les gens. Dans l’exposition, on plonge dans son paradis quotidien, hors du temps, on se balade dans sa petite ferme rustique et productrice, où il fait bon vivre et travailler. Ces paysans (paysannes d’ailleurs plutôt), au travail. Absorbées par un doux labeur, ne posant pas pour le peintre. Comme des instants volés. Les couleurs chaudes et éblouissantes de ses toiles nous rappellent la palette exotique de sa jeunesse dans les îles.

On découvrira aussi, et c’est une première, les dessins préparatoires de l’artiste, réalisés en plein air, avant de finaliser ses œuvres dans son atelier, puisqu’à la fin de sa vie, Pissarro est affecté d’une maladie des yeux qui lui interdit de s’exposer longuement en extérieur. Pourtant, on jurerait qu’il a peint ces femmes en les observant de longues heures durant...

Autre facette de l’exposition, dont on entend beaucoup parler, peut-être trop d’ailleurs… c’est le côté « un peu » anarchiste de Camille Pissarro. On dit « un peu », parce que franchement, contrairement aux idées de l’anarchie d’aujourd’hui, celle de l’époque et en l’occurrence celle de Pissarro, reste somme toute assez sage… Mais il est vrai que quand on observe son recueil intitulé Turpitudes sociales, on a de la peine à reconnaître celui qui nous offre de si belles vues de sa paisible campagne…

Une exposition sympathique même si, personnellement, nous avons préféré celle du musée Marmottan Monet, plus complète et moins linéaire.

Musée du Luxembourg
Du 16 mars au 9 juillet 2017
19 rue Vaugirard, 75006 - M° Rennes (12)
Tous les jours de 10h30 à 19h- Ven jusqu'à 22h
Tarif : 12€ - Tarif réduit : 7,50€

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