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L’art de la mondialisation

Claude Monet -
Les Nymphéas //

S’il y a bien une chose qui rassemble le Musée de l’Orangerie du Bridgestone Museum, c’est certainement la présence des Nymphéas de Monet. D’ordinaire séparées par des milliers de kilomètres, deux toiles conservées à Tokyo rejoignent la fameuse fresque offerte par l’artiste au musée parisien. Cette réunion nous rappelle l’immense impact que Monet a eu sur le marché de l’art au Japon, sans jamais y avoir mis les pieds !

  • © Bridgestone Museum of Art, Ishibashi Foundation
  • © Bridgestone Museum of Art, Ishibashi Foundation

 

Les Nymphéas

Passion Japon
Face aux Nymphéas de Monet, qui ne pense pas à la culture japonaise : l’omniprésence de la nature, les jeux de couleurs et de mouvements, un idéal pacifiste et de plénitude, la sérénité qui se dégage de ces ensembles poétiques... Durant 30 ans, Claude Monet développera ce thème jusqu’à s’en rendre aveugle, comme une quête désespérée de paix dans un sombre contexte d’entre-deux-guerres. En fait, dès sa jeunesse, son art est nourri par la culture japonaise. A 16 ans, il découvre des estampes et se prend d’une admiration sans faille pour le travail de Hokusai. Il collectionne des toiles, des céramiques et des objets en tous genres qu’il glisse, plus ou moins discrètement, dans la plupart de ses toiles. Il faut dire qu’à l’époque, la France est une véritable plaque tournante des échanges économiques et culturels entre le Japon et l’Europe. Pour Monet, l’influence est double : il s’inspire du Japon autant que le Japon s’inspire de lui.

Alors qu’à la fin du XIXème siècle, les collectionneurs japonais ne sont pas très friands d’art occidental contemporain, certains sont particulièrement touchés par le japonisme de Monet. Peu à peu ses œuvres s’exportent, il vend quelques toiles et, chose jusqu’alors complètement improbable, certains projets d’exposition entièrement consacrée au peintre voient le jour. Il n’est d’ailleurs pas très partant pour « envoyer des tableaux si loin » et ajoute dans une lettre à Gustave Geffroy : « avec l’admiration que j’ai pour l’art japonais, je me demande s’il y a vraiment utilité de montrer là-bas mes pauvres tentatives ». En partie grâce à Monet, le Japon s’ouvre à l’art occidental !

Le rôle du collectionneur
Mais après la Deuxième Guerre mondiale, le Japon s’isole, et c’est là que le collectionneur Ishibashi joue un rôle crucial. Ishibashi sillonne tout le Japon à la recherche des œuvres d’artistes européens. Comme Monet au Japon, il n’a jamais posé le pied en Europe, mais possède tout de même l’une des plus riches collections d’art occidental de l’époque. Ayant les moyens de sa passion, il fait construire en 1952 le Bridgestone Museum à Tokyo pour partager ses acquisitions dans une volonté philanthrope d’éduquer la population japonaise. Dans un Japon en pleine mutation, il participe ainsi de son ouverture sur le monde dès les années 1950 alors que l’Europe reste fascinée par l’art japonais.

Le parcours de ces deux Nymphéas est le plus beau témoignage de ce vivace jeu d’influences. Réalisés dans les années 1900, ils ont très vite été achetés par des collectionneurs japonais. Après une série de rachats par les plus grandes fortunes du Japon, ils rejoignent la collection d’Ishibashi en 1961 et c’est la première fois depuis un siècle qu’ils reviennent en France! Profitez de l’exposition pour aller voir ou revoir la fresque monumentale de Nymphéas offerte par Monet au Musée de l’Orangerie, magnifique symbole de cet échange inespéré entre les cultures françaises et japonaises qui ne se sont rencontrées par d’autres intermédiaires que celui de l’art.

Visible au Musée de l’Orangerie
Jusqu’au 21 août 2017

>> En savoir plus sur l'exposition

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