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On a vu Jean Fautrier au Musée d'Art Moderne

Jusqu'au 20 mai 2018 - 
Musée d'Art Moderne de la ville de Paris // 

Il n’est pas anormal que vous ne connaissiez pas bien Jean Fautrier. Un oubli qu’entend bien réparer le Musée d’Art moderne de la ville de Paris avec sa nouvelle exposition de près de 200 œuvres.

Fautrier est unanimement considéré comme l’inventeur de l’art informel, comprenez par-là, l’art qui prendra le relais du cubisme dans l’entre-deux guerres. Un art abstrait, qui ne perd pour autant pas contact avec la réalité, mais on va y revenir.

Fautrier est un solitaire, un peu imbu de sa personne et pas franchement facile à vivre. Mais son art tient du génie. Fautrier est un inventeur, un expérimenteur qui refusera toute sa vie de suivre les tendances, du cubisme déjà, puis du surréalisme, et même d’une abstraction décorative qu’il juge dégoulinante et inintéressante.

Au début de sa carrière, dans les années 20, Fautrier est plutôt classique : natures mortes, nus, paysages… avec néanmoins ce réalisme cru très spécifique et cette lumière sombre au point d’empêcher le décodage net des formes… on est déjà à la limite de l’abstraction. Regardez notamment ce Sanglier écorché qui n’est pas sans rappeler le Bœuf écorché de Rembrandt… On entre alors dans sa période noire.

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Quelques années plus tard, la crise de 1929 aura raison des finances de notre artiste qui changera de vie en devenant moniteur de ski à Tignes. Il nous en ramènera une série de Glaciers étonnante, inspirée des lumières d’un Turner, flirtant avec l’abstraction. Il invente une nouvelle façon de peindre, travaillant à l’horizontal sur une feuille de papier. C’est là qu’il commence à expérimenter le travail de la matière. Il sculpte la peinture. Une approche résolument nouvelle qui fascine les écrivains comme Malraux, Éluard ou Ponge. La masse compte davantage que le sujet, dont il ne reste qu’une vague trace au pinceau, une ligne gravée dans un amas de colle, encres et autres pigments qu’il fabrique lui-même. Ses empâtements ont beau être faits de couleurs douces et pastels, ils ont beau être grossiers et indéfinissables en apparence, on y perçoit un reste d’humanité, des âmes fantomatiques, des corps décharnés… L’artiste arrive presque à nous angoisser sans rien figurer. Paroxysme avec sa série des Otages, réalisée durant l’Occupation, des blocs de chair défigurés, des masses inertes, des œuvres aux cris muets, violents réquisitoires contre le crime et les massacres. Une série qui lui a valu le Grand Prix de peinture de la Biennale de Venise en 1960, la récompense la plus élevée pour un artiste à l’époque. Vous l’aurez compris une fascinante découverte, même si pour la franche rigolade au musée, on passera notre tour !

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