Expo in the City
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Emmanuelle Villard : Peintures, arsenic et vieilles dentelles

Emmanuelle-Villard-Collage-n36-2011_large Du 4 au 20 septembre 2014 - 
Galerie Les Filles du Calvaire //

Emmanuelle Villard est peintre, elle chérit la pratique et les expérimentations, et son « motif » de prédilection recouvre la notion de séduction, ambivalence comprise. Elle établit à ce propos un étrange va et vient entre la séduction de la peinture, celle du tableau, et celle d’une féminité un tantinet racoleuse. Dans son travail, l’une ne va pas sans l’autre, ou plutôt l’une sert à explorer l’autre et inversement.
Loin du less is more, multipliant les allusions, elle confronte le regardeur à un univers outrancier où la peinture se pare d’effets de surface, paillettes, perles, strass et autres colifichets, et par là même, provoque, chez ce dernier, divers sentiments qui se jouent en profondeur. Elle séduit, surprend, choque, aguiche, happe le regard et rejette tout à la fois.
Il y a quelque chose de l’ordre du spectacle et du jeu de scène. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’Emmanuelle Villard développe actuellement un projet scénique, l’ « Objet spectacle », dans lequel elle reprend les mobiles de son travail pictural. Ce projet sera introduit à la galerie en réouverture d’exposition le premier samedi du mois d’octobre. Les œuvres ici présentées pour Peinture, arsenic et vieilles dentelles ont été réalisées en parallèle de l’élaboration de ce projet. On y trouve deux nouvelles séries de peintures : Les Levés de rideaux, allusion à la scène aussi bien qu’au rideau de Parrhasios, et les Scènes de crime - où dentelles, colliers de perles et drapés se criblent d’impacts de balles - pièces à la dimension narrative au sein desquelles l’objet du crime serait à la fois la féminité et la peinture. Des Medley enrichis de coquillages et de pompons, des Lace aux allures de mantilles espagnoles, ainsi que des collages saturés jusqu’à l’excès viennent compléter cet ensemble.
Quelque chose mêle alors le support broderie en une dentelle-toile arachnéenne qui emprisonne le regard et capture les milles perles et diamants peints, collés ou fixés sur la toile. Un côté sulfureusement dangereux, baroque et arsenic, qui ouvre une fenêtre aux thèmes et titres tels que Scènes de crime ou Lace, dont l’ambiguïté n’a de cesse de séduire un spectateur captivé.

Galerie Les Filles du Calvaire
Du 4 au 20 septembre (reprise en octobre)
17 rue des Filles-du-Calvaire, 75003
M° : Filles du Calvaire (8)
Du mardi au samedi de 11h à 18h30

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