Culture au quai
Culture au quai

Pissarro à Éragny

Du 16 mars au 9 juillet 2017 
Musée du Luxembourg //

La nature retrouvée

Aux côtés d’archives familiales, une centaine de tableaux, dessins et gravures, aussi spectaculaires que peu connus, créés à Éragny-sur-Epte entre 1884 et 1903 et provenant des plus grandes collections muséales et particulières du monde entier, illustrent la période la moins étudiée de la carrière de l’artiste. Celui-ci s’installe dans le village d’Eragny en 1884 dans une belle maison dont il devient propriétaire grâce à un prêt octroyé par Claude Monet et où il reste toute sa vie. Au cœur d’un véritable bouillonnement artistique et intellectuel, Pissarro met en œuvre ses convictions politiques dans sa peinture comme dans son mode de vie. Les deux grands spécialistes de l’artiste, Richard Brettell et Joachim Pissarro, sont réunis pour assurer le commissariat de cette ambitieuse exposition.

  • Camille Pissarro a Eragny au Musée du Luxembourg a Paris
  • Pissarro Camille (1830-1903). Paris, musée d'Orsay. RF2000-83.
  • Camille Pissarro
French, 1830-1903
Bountiful Harvest, 1893
Oil on canvas, 46.3 X 55.9 cm
The Israel Museum, Jerusalem
Gift of the Sara Lee Corporation to American Friends of the Israel Museum
B00.1706
  • Camille Pissarro a Eragny au Musée du Luxembourg a Paris
  • Camille Pissarro<br>French, 1830-1903<br>Woman Bathing Her Feet in a Brook, 1894/95<br>Oil on canvas<br>73 x 92 cm (28 1/2 x 36 in.)<br>A Millennium Gift of Sara Lee Corporation<br>1999.364<br>The Art Institute of Chicago
  • Camille Pissarro a Eragny au Musée du Luxembourg a Paris, Femme a fichu vert
  • Pissarro à Eragny, vue d'ensemble, Musée du Luxembourg
  • Pissarro à Eragny, Faneuses, le soir, 1893, Musée du Luxembourg
  • Pissarro à Eragny, Le Clocher d’Eragny vu de l’atelier, 1894, Musée du Luxembourg
  • Camille Pissarro (French, 1830 - 1903 ), The Artist's Garden at Eragny, 1898, oil on canvas, Ailsa Mellon Bruce Collection
  • Pissarro à Eragny, affiche de l'exposition, Musée du Luxembourg

 

Depuis la rétrospective de 1980-1981, il y a trente-cinq ans, dans les Galeries Nationales du Grand Palais, aucune grande exposition d’œuvres de Camille Pissarro n’a été organisée à Paris, alors que l’artiste impressionniste a été mis en vedette au Japon, en Allemagne, en Grande Bretagne et aux États-Unis. Cette période a vu la recherche progresser considérablement, avec notamment la publication des cinq volumes de la correspondance de Pissarro, l’inventaire de la grande collection de dessins de l’Ashmolean Museum d’Oxford et le monumental catalogue raisonné des tableaux, produit par l’Institut Wildenstein à Paris.
L’année 2017 marque le grand retour de cet aîné du groupe Impressionniste sur la scène parisienne. Parallèlement à la rétrospective que lui consacre le musée Marmottan Monet, qui débute en février, la Réunion des musées nationaux-Grand Palais organise ainsi au musée du Luxembourg une exposition sur un sujet entièrement neuf, se concentrant sur les deux dernières décennies de la carrière du peintre. Installé dans le village d’Eragny-sur-Epte, il y développe une forme d’utopie qui traverse aussi bien sa peinture que son engagement politique. Les deux grands spécialistes de l’artiste, Richard Brettell et Joachim Pissarro, sont réunis une nouvelle fois pour assurer le commissariat de cette ambitieuse exposition abordant la période la moins étudiée et la plus complexe de la carrière de Pissarro. Il s’agit de tableaux, dessins et gravures aussi spectaculaires que peu connus, créés à Éragny pendant une période de vingt années. L’artiste s’y installe au printemps de 1884, louant une belle maison de campagne dont il deviendra propriétaire en 1892 grâce à un prêt octroyé par Claude Monet, et où il restera toute sa vie. L’exposition inclut non seulement les émouvants paysages de cette pseudo-ferme, résolument rustique et productrice (à l’opposé de la luxuriance colorée de Giverny), que Pissarro a immortalisés au fil des saisons, mais également des tableaux représentant une multitude de personnages, conçus dans l’atelier et localisées dans les terrains champêtres d’Éragny. Une place importante sera réservée aux œuvres graphiques de Pissarro conçues durant la même période, aquarelles éblouissantes et gravures aussi radicales que celles d’un Gauguin. Pissarro invente aussi un mode de collaboration artistique et familial inédit, notamment dans sa collaboration avec son fils Lucien, qui culmine avec la création de la Eragny Press. Cette petite maison d’édition familiale initiée à Eragny poursuivra ses activités à Londres, rehaussant d’illustrations et de reliures d’art les grands textes favoris de la famille. Pissarro était passionné par l’idée du travail collectif, avec d’autres artistes, théoriciens et écrivains politiques, comme avec les membres de sa propre famille. L’esthétique des œuvres d’Eragny prend tout son sens si elle est analysée sous l’angle politique. On sait que Camille Pissarro était un fervent anarchiste et qu’il fut à ce titre inquiété, à tort naturellement, après l’assassinat de Sadi-Carnot. L’exposition rassemble des témoignages de cet engagement, montrant en particulier son étonnant recueil intitulé Turpitudes sociales où il se fait l’héritier de Daumier, mais aussi les journaux anarchistes auxquels il a fourni des illustrations. Ces idées se traduisent aussi dans sa peinture. Tandis que Monet transforme son petit jardin potager de Giverny en un véritable Eden florissant, Pissarro, avec l’aide de sa pragmatique épouse Julie, entretient son terrain comme une exploitation agricole, produisant des animaux, fruits et légumes et même des céréales. La famille Pissarro a pu se nourrir des fruits de ses travaux agraires, mettant en pratique un modèle collectif. Pour eux, le paysage symbolisait à la fois la vie et la beauté, quelques parterres de fleurs poussant dans les sections du jardin les plus proches de la grande demeure. Il est saisissant de penser que le jardin de Monet et la ferme de Pissarro bordaient le même cours d’eau, la rivière Epte, parcourant le paysage d’Éragny jusqu’à Giverny avant de se jeter dans la Seine aux environs de Vernon.

>> On a vu, on vous raconte !

The exhibition concentrates on the final two decades of the artist’s life. Having settled in the village of Eragny-sur-Epte, he developed a kind of utopia that can be seen in both his painting and his political commitment.

Musée du Luxembourg
Du 16 mars au 9 juillet 2017
19 rue Vaugirard, 75006 - M° Rennes (12)
Tous les jours de 10h30 à 19h- Ven jusqu'à 22h
Tarif : 12€ - Tarif réduit : 7,50€

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