Né(e)s de l’écume et des rêves
Né(e)s de l’écume et des rêves

L’une des seules œuvres bibliques de David

Petit Palais 
Du 21 mars au 16 juillet 2017 //

Au XVIIIe siècle, c’est dans les églises que l’on pouvait admirer la peinture contemporaine ! Les artistes ne manquaient donc pas de s’y montrer sous leurs meilleurs pinceaux. Dans une scénographie spectaculaire, le Petit Palais se transforme en église pour vous faire découvrir ces chefs-d’œuvre oubliés, dont le grand Christ en croix de David, clôturant le parcours de l’exposition.

 

L’art de la croix

Bien que disparue aujourd’hui, l’église des Capucines place Vendôme à Paris ne fut pas en reste ! Le Christ en croix de Jacques-Louis David a orné les lieux, illustrant parfaitement l’abnégation des Capucines, appelées aussi Filles de la Passion. Ces dernières se livraient aux plus grandes austérités, ne vivaient que d’aumônes, marchaient pieds nus, et allaient aux processions en portant une couronne d’épines sur la tête.

La tête relevée, les yeux ouverts et le sang coulant des plaies, le peintre a représenté un Christ vivant mais triomphant, détaché des souffrances de la Croix. Dans sa sobriété, le tableau est très moderne à cette époque. Le jeu de lumière de la composition révèle l’influence flagrante du Caravage à qui David vouait une grande admiration. La toile se trouve habituellement à la Cathédrale de Mâcon, mais vous pouvez l’admirer en ce moment au Petit Palais, dans une scénographie grandiose qui ne dépaysera pas ce chef-d’œuvre.

David, un artiste ingrat ?

Peintre de la Révolution et de l’Empire, Jacques-Louis David est moins connu pour ses peintures religieuses (il n’en fera que trois) que pour ses représentations politiques. Occupant une place importante aux côtés de Robespierre pendant la Terreur, il participera à l’élimination d’anciens amis et commanditaires dont la duchesse de Noailles, la commanditaire du Christ en Croix exposé au Petit Palais. On peut dire qu’il ne lui a pas fait don de sa gratitude…

Une révélation pour la religion

Le thème religieux aura peut-être finalement inspiré David dans la représentation des épisodes tumultueux de l’histoire française qui suivirent. En effet, l’artiste appliquera avec une redoutable efficacité les codes iconographiques de la peinture religieuse dans sa célèbre toile La Mort de Marat, où Marat, révolutionnaire français, est présenté dans sa baignoire comme un Christ en déposition de croix.

Petit Palais
Jusqu’au 16 juillet 2017
Avenue Winston Churchill, 75008 - M° Franklin D. Roosevelt (1/9)
Du mar. au dim. de 10h à 18h
Nocturne le ven. jusqu’à 21h
Fermé le lun.
Tarif : 11 € - Tarif réduit : 8 €
Gratuit - de 18 ans

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